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À Paris, le Dépôt rouvre ses portes… pour faire des tests de dépistage du Covid-19


05 février 2021

Après 11 mois de fermeture, le Dépôt rouvre ce vendredi... pour faire des tests antigéniques. Le club mythique veut montrer aux autorités que le monde de la nuit peut participer à endiguer l'épidémie.

Il y a des reconversions auxquelles on ne s'attendait pas. Le Dépôt, l'une des plus grosses boîtes de nuit LGBTQI+ à Paris, fermée depuis bientôt un an va se transformer, le temps du weekend, en centre de dépistage Covid. Un moyen pour le club mythique de montrer que les lieux de fête peuvent participer à endiguer l'épidémie.

"Des acteurs du reflux de l'épidémie"

Le dispositif a été mis en place avec l'association de prévention Fêtez clairs. De 15 heures à 18 heures, les personnes sont invitées à réaliser des tests antigéniques dont les résultats sont connus en 15 minutes. "Nous voulons être acteurs du reflux de l'épidémie pour pouvoir rouvrir le plus vite possible", indique à TÊTU Michel Mau, directeur artistique du Dépôt. Pour se faire tester, pas de rendez-vous à demander, pas d'argent à débourser, il faut simplement présenter sa carte Vitale.

"Nous souhaiterions notamment inviter les personnes qui boivent des verres sur le trottoir à emporter, à se faire dépister. C'est un moyen pour eux de savoir s'ils ont été contaminés et pour nous, une manière empirique de savoir si ce sont des lieux où l'on se contamine", poursuit Michel Mau.

La boîte de nuit réfléchit à un protocole à proposer aux autorités pour permettre aux habitués de retrouver leurs lieux de fête. À Barcelone, un concert-test, réalisé le 12 décembre, donne de l'espoir. 500 personnes étaient réunies dans une salle de 900 places, fermée et sans distanciation physique. Ils étaient tous équipés de masques FFP2, les plus filtrants, et ont été testés avant le concert. Les participants avaient le droit de danser et de baisser le masque pour boire un verre. Une semaine plus tard et un nouveau PCR réalisé, tous les spectateurs étaient négatifs.

Les nuits queers parisiennes souffrent terriblement de l'épidémie. Les loyers des établissements se comptent en dizaines de milliers d'euros et les rentrées d'argent sont souvent bien insuffisantes. Si les salaires sont pris en charge par le chômage partiel, des charges alourdissent la trésorerie des entreprises. Le célèbre dancing Le Tango a déjà annoncé sa mise en vente. La mairie de Paris a annoncé qu'elle voulait "mettre tout en œuvre" pour sauver l'établissement. Mais "nous ne pourrons pas sauver tous les lieux communautaires", prévenait auprès de TÊTU Frédéric Hocquart adjoint en charge de la nuit.

 

Crédit photo : Nicolas Thomas/ Le Dépôt

Têtu.com